28 décembre 2005
De l'art de l'adaptation
J'aime lire, ce n'est pas nouveau. J'aime aussi le cinéma. Et il m'arrive d'aller voir des adaptations.
Je sais, bien évidemment, que jamais aucun film ne pourra être à la hauteur d'un roman. Encore plus quand il s'agit d'un roman fantastique. Qui a déjà eu l'occasion de se lamenter sur les misérables téléfilms issus des romans de Stephen King ne peut que me comprendre. Notre imagination personnelle sera toujours plus puissante que n'importe quelle illustration sur petit ou grand écran. Et tant mieux. Car nous pouvons être fiers de cette capacité.
Venons-en au coeur du sujet... Comme quelques milliers de personnes en France, j'ai profité de l'obscurité accueillante d'une salle de cinéma pour visionner le dernier Harry Potter. Jusqu'à maintenant, et avec toutes les réserves émises plus haut, j'avais été satisfaite des adaptations effectuées. Les films ne pouvaient évidemment laisser ressortir tout l'univers des livres, mais ils en laissaient percer l'ambiance sans trop de fausse note. Le troisième opus m'avait particulièrement enthousiasmée.
C'est donc avec une certaine confiance que je pris place dans cette salle.
Et là, quelle déception ! Certes, l'ouvrage est dense, le film ne pouvait en reprendre tous les éléments. Mais est-ce vraiment respecter l'oeuvre que d'omettre des aspects tellement importants de l'histoire qu'ils seront repris dans les tomes suivants ? Je plains d'avance le pauvre réalisateur qui devra combler les lacunes de ce film et les intégrer au prochain scénario.
Malheureusement, ce n'est pas là le seul défaut de ce film. Un rythme étrangement haché, qui succède des scènes d'action sans la "sauce" qui tient le tout. Des personnages inconsistants. Des questions sans réponses...
Certes, il y avait quelques jolis effets spéciaux. Les paysages du troisième film (qui étaient superbes) sont toujours présents, même s'ils ne sont pas réellement mis en valeur. Et l'essentiel de l'histoire du livre est retranscris. Mais je ne peux m'empêcher de me demander sous quelle menace Le réalisateur s'est senti obligé de réaliser ce film. Car il faut l'avoir fait sans aucun plaisir pour autant le gâcher.
Une autre question, tout aussi importante. L'auteur elle-même n'avait donc pas son mot à dire ? Car si personne chez Warner ne lit les livres, elle, au moins, aurait pu leur signaler les clés sans lesquelles ce film devient un vague brouillon peu compréhensible. (franchement, qui, en n'ayant vu que le film, pourrait comprendre pourquoi Croupton est tué, pourquoi les baguettes de Voldemort et Harry entremêlent leurs sorts, pourquoi Neville est tellement sensible à la simple vision du sort Endoloris, comment les jumeaux ouvriront leur magasin... et j'en oublie). A moins qu'il ne s'agisse là d'une stratégie soigneusement étudiée pour pousser les malheureux qui croyaient pouvoir se contenter des films à se précipiter chez leur libraire ?
Dernière petite remarque, pour la version française : on omet totalement de signaler, d'une manière ou d'une autre, que Fleur Delacourt est française. Dommage, là aussi.
J'espère que la machine hollywoodienne se rattrapera au prochain épisode. Elle est en train de gâcher une saga qui était très agréable. Malheureusement, ils savent qu'ils n'ont pas vraiment de quoi s'inquiéter. Malgré ma déception devant ce film, j'irai certainement voir le suivant. Comme des milliers d'autres personnes...
21 septembre 2005
Trente ans déjà
Et non, ce n’est pas mon âge, et je n’ai pas fêté subrepticement mon anniversaire. (Pour ceux que ça intéresse, c’est le 4, en décembre. Si vous voulez, je vous fournis une liste de cadeaux potentiels).
C’est le titre d’un livre que j’ai lu récemment. Une enième variation sur le thème de la trentaine et de " ce n’est pas vrai, qu’ai-je fait de ma vie, que sont mes rêves et mes amis devenus ". Un livre distrayant, même si la surface de jovialité du ton et du personnage cache une certaine déprime sur les années qui passent et les ambitions de jeunesse qui trépassent.
Cependant, j’approche aussi de la trentaine. Lentement, bien sûr, mais j’en approche.
Or, depuis que j’ai dépassé le cap des 25 ans, je n’entends que ces mots " bientôt trente ans " dans la bouche de mes proches. Au point que j’en viens à me demander si les années intermédiaires (il y en a quelques unes quand même : 26-27-28- et, aaargh, 29) doivent nécessairement être occultées. Je vous assure que le cap des 27 ans et demi est tout aussi terrible que celui des 30 ans, et pourtant personne n’en parle. Ces quatre anniversaires cachent-ils de sombres secrets qu’il est interdit d’évoquer sous peine de voir se réaliser des horreurs ?
Cette attitude, principalement prônée par ceux dont l’âge dépasse le mien, me laisserait à penser qu’ils se réjouissent tant de me voir passer à la dizaine supérieure que leur impatience devance le temps. Pourquoi, sinon, insister lourdement sur un anniversaire qui arrivera, forcément, d’ici quelques années ?
Et quand j’aurai 31 ans, me presseront-ils, avec tant d’énergie, vers la quarantaine ?
Pourquoi ne peut-on pas profiter de chaque année au moment où son tour vient ? Elle est déjà loin l’époque où je me dépêchais de vieillir. Maintenant, j’entends profiter de chaque anniversaire, sans guetter le suivant qui se penche sur mon épaule et voudrait dévaluer son cadet.
24 août 2005
Jane Austen
Une biographie de Jane Austen (je vous disais que je lisais un peu trop cet auteur, mais j’aime beaucoup. Je trouve que 200 ans plus tard, ses romans sont toujours d’actualité. Ne serait-ce que par leur ton).
Dans cet ouvrage, l’auteur s’attache à retracer la vie de Jane Austen, et aussi à retrouver les éléments biographiques qui peuvent se lier entre sa vie et ses romans. Un ouvrage assez touffu, parfois trop. J’avoue que je me suis régulièrement embrouillée dans les liens de famille de la romancière ; ses nombreux cousins, ou amis, concurrencés par ses frères et leurs enfants se mélangent encore dans ma tête. L’habitude de l’époque de donner à sa descendance les mêmes prénoms que ceux des gens aimés dans l’entourage a du fortement y contribuer.
Jane Austen vécut pourtant une vie relativement solitaire ; les nombreuses lettres qu’elle écrivit, citées dans l’ouvrage présent, furent principalement destinées à sa famille proche.
Toute sa vie est retracée, de son enfance à sa mort. Son caractère est étudié, excusé. Halperin prend régulièrement le pli de contredire d’autres biographes ou critiques de Jane Austen, aux jugements un peu trop rapides selon lui. Elle était certes cynique, ironique, mais pas sans cœur. Halperin, ici, justifie son argumentaire en se répétant un peu trop souvent à mon goût. Il n’avait peut-être pas besoin de relever continuellement, à chaque occasion, les éléments qui contribuent à lui donner raison contre les autres.
Néanmoins, pour ceux qui ne connaissent rien, ou peu, de la vie de la romancière, il s’agit là d’une étude intéressante, et assez complète. On y voit aussi comment ses romans furent accueillis lors de leur parution, et les points clés qui les constituent sont redistribués. Une première approche qui donnerait presque envie d’en savoir plus, par exemple en lisant le recueil de toutes les lettres écrites par Jane Austen…
22 août 2005
A propos de...
Dans un autre genre de lecture, j’ai aussi particulièrement apprécié des biographies d’auteur ces derniers temps. En effet, quand l’œuvre ou l’univers d’un écrivain me séduit, j’aime bien en savoir plus sur lui. Je ne dis pas que c’est indispensable pour apprécier sa lecture, mais savoir, par exemple que Lewis Carrol a écrit « Alice au Pays des Merveilles » pour une petite fille de son voisinage ajoute du charme à l’ensemble.
Dans les plus récentes, voici
La vie aventureuse de Laura Ingalls Wilder.
Je pars de la supposition que vous avez tous, ou presque, au moins vu un des épisodes de la série télévisée. Certains d’entre vous ont même du lire les 8 tomes de « la petite maison dans la prairie ». J’en fais partie. Je crois que je rêverai toute ma vie de cette époque. Ce ne devait pas être rose tous les jours, surtout pour les femmes, mais imaginez un peu… Partir vers l’inconnu, choisir un endroit et décider d’y rester, pouvoir revendiquer ce lieu juste (on se comprend) en y construisant sa maison et en y travaillant la terre. Construire vous-même ce que vous êtes, sans frontière… Ca ne vous donne pas envie à vous aussi ?
Quoi qu’il en soit, ce livre retrace la vie de Laura (on est presque intimes, maintenant), avant et après les épisodes contés dans « la petite maison… ». Pour les afficionados de la série, je vais briser un mythe : elle ne vécut à Walnut Grove que quelques petites années, et n’eut donc à supporter l’infâme Nellie Oleson que pour un temps finalement assez bref. On s’en réjouit pour elle.
Je ne vais pas ici vous conter toute la vie de Laura, juste un point qui a retenu mon attention. A l’époque de la parution de ses premiers romans, elle était surtout connue pour être la mère de Rose Wilder. Sa fille, Rose, était un écrivain réputé aux Etats-Unis, tant pour ses articles que pour ses romans. Pourtant, à l’heure actuelle, je crois pouvoir dire sans me tromper que Laura Ingalls Wilder est mondialement célèbre, et Rose… Un peu moins. Si jamais vous avez eu l’occasion de lire un de ces ouvrages, je serais réellement curieuse de connaître votre avis. J’aimerais en savoir plus sur elle aussi.
D’ailleurs, Laura elle-même a apparemment publié un certain nombre d’articles sur les plaisirs simples de la vie à la campagne, et la situation de femme de fermiers. Une expérience un peu plus proche d’elle que ses souvenirs d’enfance. Là aussi, ce pourrait être intéressant de les lire, mais je ne crois pas qu’ils aient été regroupés dans un ouvrage. Si je me trompe, merci de me le faire savoir (je suis atteinte d’une forme étrange de collectionnite, qui me pousse à vouloir lire tout ce qui fait partie de l’univers des auteurs que j’apprécie. Tâche sans fin, s’il en est. Je n’ai toujours pas complété certaines séries de mon enfance. En dehors de « Belle et Sébastien », dont je crois bien posséder tous les tomes. Y compris ceux avec Sébastien sans Belle…)
Pour ceux qui désireraient ne pas en rester là, sachez aussi que d’autres auteurs ont décidé de continuer la série en remontant dans le passé de Caroline (la mère de Laura, suivez un peu) et de sa mère avant elle. Je ne les ai pas lus, je ne sais donc pas s’ils possèdent le charme de « La petite maison dans la prairie », mais ils doivent cependant constituer une agréable saga enfantine, qui retrace tout un pan de l’histoire américaine. Plus d’infos ici.
20 août 2005
Bilan -2ème épisode
Vous avez peut-être envie de lire des faits plus distrayants que des considérations sur les températures. Même si, j'en conviens, les débats météorologiques peuvent être passionnants. Pour quelle raison, sinon, serait-il impossible à toute personne désirant entamer des dialogues de faire l'impasse sur ce sujet plus d'une semaine d'affilée ?
Devoir du jour : Veuillez noter dans les commentaires combien de fois vous-mêmes avez abordé ce thème au cours de la semaine. Ce peut être édifiant.
Quoi qu'il en soit, parlons plutôt lecture.
La Horde du Contrevent de Alain Damasio. Une livre époustouflant, essouflant même, qui prouve qui'l y a peut-être encore de l'espoir pour les auteurs de littérature fantastique en France.
L'histoire ? Dans un monde balayé de mille vents (un peu moins selon l'auteur, qui les a dénombrés), un groupe d'hommes et de femmes traverse des territoires hostiles à la recherche de l'origine de ces rafales. Une quête qui dure depuis plusieurs générations, tant elle est ingrate. Certains d'entre eux ont été enlevés à leur famille dès l'enfance pour être formés pour ce voyage.
Réussiront-ils à dépasser ceux qui les ont précédés ? Qui sont-ils réellement ? Que sont les chrones ? Tant de questions qui ne sont pas les seules surprises de ce roman.
Dans une construction très particulière (qui m'a demandé, je l'avoue, un temps d'adaptation) , Alain Damasio parvient à restituer l'âme des multiples conteurs de cette histoire. Tous ont leur voix, qui, très vite, ne peut se confondre avec aucune autre.
Je me suis attachée à ces personnages. Ils font partie de ceux qui continuent à nous accompagner la dernière page tournée.
J'aurais voulu vous le conseiller pour l'été (il est quand même assez épais, et mérite qu'on s'y attarde), mais c'est peut-être plus un livre d'automne, quand le vent souffle, que les feuilles mortes s'envolent devant nous, que la nuit devient de plus en plus proche et que les ailleurs où l'on s'évade sont déjà derrière nous.
Pour ceux qui veulent continuer le voyage, l'auteur a aussi un site : ici.
A noter que le livre est aussi fourni avec un CD musical pour accompagner la lecture. Un petit bonus pour la route.




